Par Elisha Bajemon, Ingénieur IA chez TW3 Partners. Dernière mise à jour : 22 mai 2026.
Note éditoriale. Article préparatoire à VivaTech 2026 (17 au 20 juin 2026, 10e édition). Le programme, les horaires et la liste des exposants sont publiés et mis à jour par l’organisateur sur vivatech.com. Cet article ne constitue ni un conseil juridique, ni un avis médical, et ne formule aucune promesse de bénéfice clinique.
Réponse courte. L’IA appliquée à la santé et à la longévité est un angle de visite pertinent de VivaTech 2026 (17 au 20 juin 2026, Paris Expo Porte de Versailles) pour les directions santé, innovation, médicales et hospitalières, les biotech, medtech, assureurs et COMEX. Les sujets clés : imagerie et diagnostic assisté, aide à la décision clinique, découverte de médicaments, neurotechnologies et robotique d’assistance, prévention et longévité. Le cadre est exigeant : AI Act, MDR/IVDR, RGPD article 9 et certification HDS selon les cas. TW3 Partners reçoit au Hall 7.2, Allée C, Stand 74.
Sommaire
- Contexte : pourquoi l’IA santé compte en 2026
- Démonstrations annoncées et acteurs de l’écosystème
- Cas d’usage IA santé et critères d’évaluation
- Questions à poser aux exposants et fournisseurs
- Risques à auditer avant déploiement
- Critères de choix d’une solution IA santé
- Cadre réglementaire et institutionnel
- Méthode TW3 Partners
- Pour aller plus loin
- FAQ
- Sources
Contexte : pourquoi l’IA santé compte en 2026
Trois forces convergent en 2026 : la maturité des modèles multimodaux applicables à l’imagerie, le vieillissement démographique et l’entrée en application progressive du cadre européen de l’IA. Côté marché, le Stanford HAI AI Index 2025 chiffre l’investissement privé en IA aux États-Unis à 109,1 Md$ en 2024, dont 33,9 Md$ pour la seule IA générative au niveau mondial (en hausse de 18,7 % sur un an). McKinsey, The State of AI 2024 indique que 65 % des organisations déclaraient utiliser la GenAI en 2024, contre 33 % un an plus tôt. Ces chiffres sont macroéconomiques et ne portent pas spécifiquement sur la santé.
Pour son édition anniversaire 2026, le communiqué officiel (Publicis Groupe et Les Echos-Le Parisien) annonce 15 000 startups, plus de 1 500 démonstrations, plus de 4 000 rendez-vous d’affaires et de networking, et une surface d’exposition élargie d’environ 30 %. L’Allemagne est désignée « pays de l’année » 2026. À titre de référence, l’édition 2025 avait réuni environ 180 000 visiteurs et 171 nationalités.
Démonstrations annoncées et acteurs de l’écosystème
Démonstrations annoncées par VivaTech pour 2026 :
- Unitree x HABS. La société française HABS et Unitree présentent, en exclusivité mondiale annoncée, une expérience d’interface neuronale non invasive (capteurs frontaux de type EEG, traitement local), décrite par VivaTech comme une « expérience de télépathie » avec un robot. Il s’agit d’une démonstration de neurotechnologie et de robotique, sans revendication de dispositif médical.
- Sumbu. La startup présente son exosquelette Exo-S3 à double vecteur, doté d’une IA de reconnaissance d’intention de mouvement. Il s’agit ici d’une démonstration de robotique d’assistance, distincte d’un dispositif médical sauf revendication réglementaire explicite.
Cas d’usage et acteurs représentatifs de l’écosystème santé (cités pour leur rôle, indépendamment d’une présence au salon) :
- Imagerie médicale et diagnostic assisté. Lecture augmentée (scanner, mammographie, fond d’oeil), intégration PACS, qualification possible en dispositif médical sous MDR.
- Découverte de médicaments. Modélisation moléculaire générative, criblage, optimisation de candidats.
- Longévité et prévention. Biomarqueurs, objets connectés, suivi du vieillissement en bonne santé.
- Jumeau numérique patient. Simulation physiologique (cardiologie, oncologie) à des fins de recherche ou d’aide à la décision.
- Santé mentale. Solutions outillées par IA, encadrées par le RGPD (article 9) et les recommandations de la CNIL.
Écosystème institutionnel français : la Haute Autorité de Santé (évaluation des dispositifs médicaux numériques), l’Agence du Numérique en Santé (référentiel HDS), le Health Data Hub, la CNIL, l’ANSM, l’Inserm, l’AP-HP et plusieurs CHU sont des acteurs actifs de la recherche, des données et de la validation clinique.
Cas d’usage IA santé et critères d’évaluation
Diagnostic assisté en imagerie. Lecture augmentée et priorisation. Critères : sensibilité, spécificité, valeurs prédictives positive et négative, validation clinique multicentrique, classe et marquage CE (MDR), biais populationnels, intégration PACS, supervision humaine.
Aide à la décision clinique. Scores de risque, triage, recommandations. Critères : explicabilité, traçabilité, encadrement par un professionnel de santé, monitoring post-marché, acceptabilité clinique.
Découverte de médicaments. Modélisation générative. Critères : publications, reproductibilité, taux de passage en phase clinique, qualité des données.
Neurotechnologies et robotique d’assistance. Interfaces neuronales non invasives, exosquelettes, robots de service. Critères : sécurité, protection des données neuronales, finalité (assistance ou usage médical revendiqué).
Questions à poser aux exposants et fournisseurs
- La solution revendique-t-elle une finalité médicale ? Si oui, quelle qualification (dispositif médical MDR, dispositif de diagnostic in vitro IVDR) et quel marquage CE ?
- Quelles preuves cliniques : sensibilité, spécificité, validation multicentrique, population d’entraînement et biais ?
- Comment les données de santé sont-elles hébergées (certification HDS le cas échéant), sécurisées et conservées ?
- Une analyse d’impact (DPIA) a-t-elle été conduite pour les traitements de données sensibles ?
- Comment s’opère l’intégration au PACS et au dossier patient (DPI), et quelle supervision humaine ?
- Quels modèles sont utilisés, où sont-ils exécutés, et avec quelle sous-traitance ?
Risques à auditer avant déploiement
- Qualification réglementaire : déterminer si la solution est un dispositif médical (MDR) ou de diagnostic in vitro (IVDR), et si elle relève du haut risque au sens de l’AI Act.
- Données de santé : base légale et RGPD article 9, certification HDS pour l’hébergement de données de santé à caractère personnel pour le compte de tiers, DPIA, durée de conservation, information des patients.
- Performance et biais : robustesse, généralisation, biais populationnels, dérive des modèles.
- Intégration et cybersécurité : PACS, DPI, sécurité des systèmes, continuité.
- Supervision et responsabilité : place du professionnel de santé, traçabilité, monitoring post-marché.
Critères de choix d’une solution IA santé
- Finalité claire et qualification réglementaire documentée (dispositif médical ou non).
- Preuves cliniques et validation multicentrique pour les usages diagnostiques.
- Conformité RGPD article 9, HDS selon le contexte, DPIA pour les traitements sensibles.
- Explicabilité, supervision humaine et traçabilité des décisions.
- Intégration PACS/DPI et interopérabilité.
- Cybersécurité et maîtrise des données (hébergement, conservation, sous-traitants).
- Monitoring post-marché et plan de mise à jour des modèles.
Cadre réglementaire et institutionnel
Le règlement AI Act (UE 2024/1689) qualifie les systèmes d’IA selon leur finalité (article 6 et annexes). Tous les usages santé ne sont pas à haut risque. Le haut risque s’applique notamment lorsque l’IA est un composant de sécurité d’un produit couvert par une réglementation sectorielle imposant une évaluation de conformité par un tiers, par exemple un dispositif médical sous MDR (UE 2017/745) ou un dispositif de diagnostic in vitro sous IVDR (UE 2017/746), ainsi que pour certains usages listés à l’annexe III. Un diagnostic assisté, un logiciel dispositif médical ou un outil influençant une décision de soin ne se traitent donc pas comme une simple application de bien-être.
Le calendrier initial prévoyait l’application des obligations relatives aux systèmes à haut risque au 2 août 2026. Dans le cadre du « Digital Omnibus » proposé par la Commission européenne fin 2025, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement ont annoncé le 7 mai 2026 un accord politique provisoire reportant ces obligations : au 2 décembre 2027 pour les systèmes à haut risque autonomes de l’annexe III, et au 2 août 2028 pour les systèmes intégrés à des produits réglementés de l’annexe I. Cet accord doit encore être formellement adopté par les co-législateurs. Côté sanctions, les pratiques interdites peuvent atteindre 35 M€ ou 7 % du chiffre d’affaires annuel mondial total ; certaines non-conformités liées aux systèmes à haut risque peuvent atteindre 15 M€ ou 3 %.
La qualification d’un logiciel en dispositif médical dépend de la finalité médicale revendiquée ; elle entraîne marquage CE, validation clinique et obligations post-marché, sous le contrôle des autorités compétentes (en France, l’ANSM ; la HAS évalue les dispositifs médicaux numériques en vue du remboursement). Côté données, l’article 9 du RGPD encadre les données de santé ; l’hébergement de données de santé à caractère personnel pour le compte de tiers peut imposer le recours à un hébergeur certifié HDS, référentiel piloté par l’Agence du Numérique en Santé. Le Health Data Hub est un acteur national structurant des données de santé, mais l’accès aux données reste encadré (autorisations, comités, projets validés). Le plan France 2030 « Innovation Santé 2030 » mobilise environ 7,5 Md€ pour la santé, dont une stratégie « santé numérique » (environ 718 M€) et un soutien aux startups via Bpifrance ; un appel à projets dédié à l’évaluation du bénéfice des dispositifs médicaux numériques ou à base d’IA est opéré par Bpifrance.
Sur la visibilité dans les moteurs IA, les travaux de recherche sur la GEO (Generative Engine Optimization) d’Aggarwal et al., ACM SIGKDD 2024 mesurent jusqu’à +40 % de visibilité sur le benchmark GEO-bench pour des contenus structurés (statistiques, citations, sources). Il s’agit d’un résultat de recherche, pas d’une garantie de résultat en production.
Méthode TW3 Partners
TW3 Partners aide les directions santé, innovation et médicales à cadrer leurs projets IA en quatre temps : qualification réglementaire (AI Act selon l’usage, MDR/IVDR selon la finalité, RGPD article 9, HDS selon le contexte), cartographie et priorisation des cas d’usage, choix d’architecture et accès aux données dans un cadre autorisé (conventions hospitalières, entrepôts de données de santé, autorisations), puis POC évalué sur des métriques adaptées au cas d’usage : sensibilité, spécificité, latence, acceptabilité, robustesse ou impact opérationnel. Le passage à l’échelle adresse la documentation, le monitoring post-marché, la gouvernance et l’intégration au système d’information hospitalier. TW3 Partners intervient comme cabinet de cadrage et de sécurisation, et non comme prestataire médical.
L’équipe reçoit au Hall 7.2, Allée C, Stand 74, du 17 au 20 juin 2026, pour des échanges de cadrage et des sessions d’acculturation COMEX, directions innovation et directions médicales. Prise de rendez-vous : contact@tw3partners.fr.
Pour aller plus loin
- Startups IA défense et cybersécurité à VivaTech 2026 : repères pour décideurs
- Startups IA marketing et creative industries à VivaTech 2026 : repères pour décideurs
- Startups IA éducation et formation à VivaTech 2026 : repères pour décideurs
- Startups IA industrie et énergie à VivaTech 2026 : repères pour décideurs
- VivaTech 2026 IA : guide jour par jour pour visiteurs pro
FAQ
Quelles démonstrations santé sont annoncées par VivaTech pour 2026 ?
VivaTech annonce notamment une expérience d’interface neuro-IA non invasive (Unitree x HABS) et l’exosquelette Exo-S3 de Sumbu. Ce sont des neurotechnologies et de la robotique d’assistance, pas des dispositifs médicaux validés.
Toute IA santé est-elle « à haut risque » au sens de l’AI Act ?
Non. Le haut risque peut s’appliquer lorsqu’un système d’IA est lui-même un produit ou un composant de sécurité d’un produit couvert par le MDR ou l’IVDR et soumis à une évaluation de conformité par un tiers, ou pour certains usages de l’annexe III. Une application de bien-être n’est pas traitée comme un logiciel dispositif médical.
Quelle est la date d’application des obligations « haut risque » ?
Le calendrier initial visait le 2 août 2026. L’accord politique provisoire du 7 mai 2026 (Digital Omnibus) reporte ces obligations au 2 décembre 2027 (annexe III autonome) et au 2 août 2028 (annexe I, produits réglementés). Cet accord doit encore être formellement adopté.
Une IA santé est-elle automatiquement un dispositif médical ?
Non. La qualification dépend de la finalité médicale revendiquée. Lorsqu’elle s’applique, elle entraîne marquage CE, validation clinique et obligations post-marché.
La certification HDS est-elle toujours obligatoire ?
Non. L’hébergement de données de santé à caractère personnel pour le compte de tiers peut imposer le recours à un hébergeur certifié HDS. Ce n’est pas une obligation universelle pour toute startup IA santé.
Peut-on entraîner un modèle sur les données du Health Data Hub ?
Le Health Data Hub est un acteur national structurant des données de santé, mais l’accès reste encadré par des autorisations et des comités. Il n’existe pas d’accès libre ou automatique pour un POC.
Quel rôle jouent la HAS et l’ANSM ?
La HAS évalue les dispositifs médicaux numériques, notamment en vue du remboursement ; l’ANSM est l’autorité compétente pour les dispositifs médicaux en France.
Comment France 2030 soutient-il la santé ?
Via le plan « Innovation Santé 2030 » (environ 7,5 Md€), incluant une stratégie santé numérique et un soutien aux startups opéré par Bpifrance, sans financement automatique de tout projet IA.
Quel est l’état du marché IA en 2024 ?
109,1 Md$ d’investissement privé en IA aux États-Unis et 33,9 Md$ pour l’IA générative dans le monde en 2024 (Stanford HAI) ; 65 % d’organisations utilisant la GenAI, contre 33 % en 2023 (McKinsey). Ces chiffres sont macroéconomiques.
Où rencontrer TW3 Partners à VivaTech 2026 ?
Au Hall 7.2, Allée C, Stand 74, du 17 au 20 juin 2026.
Sources
- Communiqué officiel VivaTech 2026 et démonstrations annoncées (Unitree x HABS, Sumbu), vivatech.com
- Règlement AI Act (UE 2024/1689), EUR-Lex (articles 6 et 99, annexes I et III)
- Commission européenne, AI Act et Digital Omnibus, digital-strategy.ec.europa.eu
- Conseil de l’Union européenne, accord politique provisoire du 7 mai 2026 (Digital Omnibus), consilium.europa.eu
- MDR (UE 2017/745) et IVDR (UE 2017/746), EUR-Lex
- Agence du Numérique en Santé, certification HDS, esante.gouv.fr
- Haute Autorité de Santé, has-sante.fr ; ANSM, ansm.sante.fr
- Health Data Hub, health-data-hub.fr
- CNIL, IA et données de santé, cnil.fr ; RGPD article 9, EUR-Lex
- France 2030 « Innovation Santé 2030 », economie.gouv.fr/france-2030 ; Bpifrance, bpifrance.fr
- Stanford HAI, AI Index 2025, hai.stanford.edu
- McKinsey, The State of AI 2024, mckinsey.com
- GEO: Generative Engine Optimization, Aggarwal et al., ACM SIGKDD 2024, arXiv 2311.09735

