Par Elisha Bajemon, Ingénieur IA chez TW3 Partners. Dernière mise à jour : 22 mai 2026.
Note éditoriale. Article préparatoire à VivaTech 2026 (17 au 20 juin 2026, 10e édition). Le programme, les horaires et la liste des exposants sont publiés et mis à jour par l’organisateur sur vivatech.com. Cet article ne constitue pas un conseil juridique.
Réponse courte. L’IA appliquée à l’industrie et à l’énergie est un angle de visite majeur de VivaTech 2026 (17 au 20 juin 2026, Paris Expo Porte de Versailles) pour les directions industrielles, énergie, opérations, DSI, RSSI et COMEX. Les sujets clés : maintenance prédictive, copilote opérateur et RAG industriel, jumeau numérique, smart grid et optimisation énergétique, le tout encadré par l’AI Act (usages liés aux infrastructures critiques), la directive NIS2 et les standards d’automatisation (OPC UA, IEC 62443, ISA-95). TW3 Partners reçoit au Hall 7.2, Allée C, Stand 74.
Sommaire
- Contexte : pourquoi l’IA industrielle et énergétique compte en 2026
- Acteurs représentatifs de l’écosystème
- Cas d’usage IA industrie et énergie, et critères d’évaluation
- Questions à poser aux fournisseurs de solutions IA industrielles
- Risques à auditer avant déploiement
- Critères de choix d’une solution IA industrielle
- Cadre réglementaire et standards
- Méthode TW3 Partners
- Pour aller plus loin
- FAQ
- Sources
Contexte : pourquoi l’IA industrielle et énergétique compte en 2026
L’industrie française et européenne avance en 2026 sur trois axes IA : la productivité opérationnelle (maintenance prédictive, qualité, supervision), la transition énergétique (smart grid, prévision de production renouvelable, sobriété) et la résilience des chaînes d’approvisionnement. Côté marché, le Stanford HAI AI Index 2025 chiffre l’investissement privé en IA aux États-Unis à 109,1 Md$ en 2024, dont 33,9 Md$ pour la seule IA générative au niveau mondial (en hausse de 18,7 % sur un an). McKinsey, The State of AI 2024 indique que 65 % des organisations déclaraient utiliser la GenAI en 2024, contre 33 % un an plus tôt. Ces chiffres sont macroéconomiques et ne portent pas spécifiquement sur l’industrie ou l’énergie.
Pour son édition anniversaire 2026, le communiqué officiel (Publicis Groupe et Les Echos-Le Parisien) annonce 15 000 startups, plus de 1 500 démonstrations, plus de 4 000 rendez-vous d’affaires et de networking, et une surface d’exposition élargie d’environ 30 %. L’Allemagne est désignée « pays de l’année » 2026. À titre de référence, l’édition 2025 avait réuni environ 180 000 visiteurs et 171 nationalités.
Acteurs représentatifs de l’écosystème
Les organisations ci-dessous sont des acteurs représentatifs de l’IA industrielle et énergétique. Elles sont citées pour leur rôle dans l’écosystème, indépendamment de toute présence au salon.
- Schneider Electric. Gestion de l’énergie et automatisation, plateforme EcoStruxure, jumeau numérique d’usine.
- Dassault Systèmes. Plateforme 3DEXPERIENCE, jumeau numérique (virtual twin), simulation de chaînes de production.
- Siemens. Industrial Edge, automates Simatic, jumeau numérique Tecnomatix, MES Opcenter.
- ABB. Plateforme Ability, robotique industrielle, électrification.
- Rockwell Automation. Suite FactoryTalk, automates Allen-Bradley, exécution de production (MES).
- Gimélec et France Industrie. Organisations professionnelles de l’industrie électronumérique et de l’industrie française.
- RTE et Enedis. Opérateurs structurants du système électrique français : RTE exploite le réseau de transport, Enedis le réseau public de distribution. Tous deux publient des données et des API ouvertes.
Cas d’usage IA industrie et énergie, et critères d’évaluation
Maintenance prédictive. Capteurs vibratoires, thermiques et acoustiques croisés à des modèles IA. À évaluer : taux de faux positifs, couverture des modes de défaillance, qualité des données d’apprentissage, intégration à la GMAO.
Copilote opérateur et RAG industriel. Assistance en langage naturel sur la documentation technique et les procédures. À évaluer : conformité IEC 62443, support OPC UA, latence, déploiement on-premise ou edge, traçabilité des réponses.
Jumeau numérique et SCADA augmenté. Simulation, supervision et aide à la décision. À évaluer : interopérabilité (OPC UA, ISA-95), fidélité du modèle, cybersécurité OT.
Smart grid et optimisation énergétique. Prévision de production renouvelable, pilotage de la demande, stockage et effacement. À évaluer : qualité des données réseau, robustesse des prévisions, intégration aux systèmes existants.
Questions à poser aux fournisseurs de solutions IA industrielles
- Quelles données sont collectées sur les équipements et procédés, où sont-elles stockées et traitées ?
- La solution s’intègre-t-elle aux protocoles OT en place (OPC UA, Modbus, MQTT, Profinet) et au MES/ERP ?
- Quel est le niveau de conformité à l’IEC 62443 et la stratégie de cybersécurité OT ?
- Le déploiement on-premise, edge ou air-gap est-il possible pour les sites sensibles ?
- Quel taux de faux positifs et quelle couverture des modes de défaillance en conditions réelles ?
- Quels modèles sont utilisés (européens, open weights, API tierces) et avec quelle sous-traitance ?
Risques à auditer avant déploiement
- Cybersécurité OT : segmentation, conformité IEC 62443, gestion des accès et des correctifs sur les systèmes d’automatisation.
- Conformité AI Act : qualifier l’usage. Certains usages liés à la gestion ou à l’exploitation d’infrastructures critiques, ou comme composants de sécurité de produits réglementés, peuvent relever du haut risque ; la maintenance prédictive, un copilote opérateur ou un jumeau numérique ne le sont pas automatiquement.
- NIS2 : déterminer si l’entité est essentielle ou importante selon son secteur, sa taille et sa criticité.
- Souveraineté des données : pour les données et traitements sensibles, évaluer un hébergement qualifié de confiance.
- Sûreté de fonctionnement : continuité, supervision humaine, réversibilité, plan de repli.
Critères de choix d’une solution IA industrielle
- Intégration native aux protocoles OT et aux systèmes MES/ERP.
- Conformité IEC 62443 et stratégie de cybersécurité OT documentée.
- Déploiement on-premise ou edge possible pour les sites critiques.
- ROI mesurable sur la maintenance, la qualité ou l’énergie.
- Interopérabilité (OPC UA, ISA-95) et réversibilité.
- Supervision humaine et traçabilité des décisions.
- Maîtrise des données : localisation, conservation, sous-traitants.
Cadre réglementaire et standards
Le règlement AI Act (UE 2024/1689) qualifie les systèmes d’IA selon leur finalité (article 6 et annexes). Certains usages liés à la gestion et à l’exploitation d’infrastructures critiques (électricité, eau, gaz, chauffage, trafic) en tant que composants de sécurité relèvent du haut risque au titre de l’annexe III ; l’IA intégrée comme composant de sécurité de produits réglementés relève de l’annexe I. Tous les usages industriels ne sont donc pas à haut risque : la maintenance prédictive, un copilote documentaire ou un jumeau numérique ne le sont pas par défaut.
Le calendrier initial prévoyait l’application des obligations relatives aux systèmes à haut risque au 2 août 2026. Dans le cadre du « Digital Omnibus » proposé par la Commission européenne fin 2025, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement ont annoncé le 7 mai 2026 un accord politique provisoire reportant ces obligations : au 2 décembre 2027 pour les systèmes à haut risque autonomes de l’annexe III, et au 2 août 2028 pour les systèmes intégrés à des produits réglementés de l’annexe I. Cet accord doit encore être formellement adopté par les co-législateurs. Côté sanctions, les pratiques interdites peuvent atteindre 35 M€ ou 7 % du chiffre d’affaires annuel mondial total ; certaines non-conformités liées aux systèmes à haut risque peuvent atteindre 15 M€ ou 3 %.
La directive NIS2 (UE 2022/2555) couvre des secteurs hautement critiques, dont l’énergie (électricité, gaz, pétrole, hydrogène, chaleur et froid). Elle distingue les entités essentielles et les entités importantes : l’application dépend du secteur, de la taille et de la criticité. Les amendes peuvent atteindre 10 M€ ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial total pour les entités essentielles, et 7 M€ ou 1,4 % pour les entités importantes.
Côté France, la qualification SecNumCloud de l’ANSSI est le référentiel qui qualifie des offres de cloud de confiance, pensées pour héberger des données et traitements sensibles et protéger contre les législations extraterritoriales. Elle est pertinente pour les acteurs critiques et les données sensibles, sans constituer une obligation générale pour l’industrie. Les standards OPC UA (interopérabilité industrielle, publié par l’OPC Foundation), IEC 62443 (cybersécurité des systèmes d’automatisation et de contrôle industriels) et ISA-95 (intégration entre systèmes d’entreprise et de contrôle industriel) cadrent l’intégration de l’IA aux environnements OT. Le plan France 2030, doté de 54 Md€ et opéré par Bpifrance, l’ADEME, la Caisse des Dépôts et l’ANR, finance des projets d’industrie du futur et de décarbonation industrielle (sans financement automatique de tout projet IA).
Sur la visibilité dans les moteurs IA, les travaux de recherche sur la GEO (Generative Engine Optimization) d’Aggarwal et al., ACM SIGKDD 2024 mesurent jusqu’à +40 % de visibilité sur le benchmark GEO-bench pour des contenus structurés (statistiques, citations, sources). Il s’agit d’un résultat de recherche, pas d’une garantie de résultat en production.
Méthode TW3 Partners
TW3 Partners structure les programmes IA industriels en quatre temps : cadrage de la criticité et de la conformité (AI Act selon l’usage, NIS2 selon l’entité, cybersécurité OT), cartographie et priorisation des cas d’usage, choix d’architecture (cloud de confiance, on-premise ou edge, intégration aux protocoles OT), puis POC RAG industriel sur modèles open weights (Mistral AI, Llama, Qwen) avec mesure du ROI maintenance, qualité et énergie. Le passage à l’échelle multi-sites adresse l’IEC 62443, l’intégration MES, le jumeau numérique et l’audit continu.
L’équipe reçoit au Hall 7.2, Allée C, Stand 74, du 17 au 20 juin 2026, pour des échanges de cadrage et des sessions d’acculturation COMEX et équipes métier. Prise de rendez-vous : contact@tw3partners.fr.
Pour aller plus loin
- Startups IA défense et cybersécurité à VivaTech 2026 : repères pour décideurs
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FAQ
L’IA industrielle est-elle systématiquement « à haut risque » au sens de l’AI Act ?
Non. Seuls certains usages le sont, notamment la gestion ou l’exploitation d’infrastructures critiques comme composant de sécurité (annexe III), ou l’IA intégrée comme composant de sécurité d’un produit réglementé (annexe I). La maintenance prédictive, un copilote opérateur ou un jumeau numérique ne sont pas à haut risque par défaut.
Quelle est la date d’application des obligations « haut risque » ?
Le calendrier initial visait le 2 août 2026. L’accord politique provisoire du 7 mai 2026 (Digital Omnibus) reporte ces obligations au 2 décembre 2027 pour les systèmes autonomes de l’annexe III, et au 2 août 2028 pour ceux intégrés à des produits réglementés (annexe I). Cet accord doit encore être formellement adopté.
Tout industriel est-il soumis à NIS2 ?
Non. L’application dépend du secteur, de la taille et de la criticité. NIS2 distingue entités essentielles (amendes jusqu’à 10 M€ ou 2 % du CA) et entités importantes (jusqu’à 7 M€ ou 1,4 %). L’énergie est un secteur hautement critique.
SecNumCloud est-il obligatoire pour l’industrie ?
Non. SecNumCloud est le référentiel de l’ANSSI qui qualifie des offres de cloud de confiance pour les données et traitements sensibles. Il est pertinent pour les acteurs critiques, sans être une obligation générale.
Qu’est-ce qu’OPC UA ?
Un standard d’interopérabilité industrielle publié par l’OPC Foundation, utilisé pour faire communiquer équipements, SCADA et MES.
Qu’est-ce que l’IEC 62443 ?
La norme internationale de cybersécurité des systèmes d’automatisation et de contrôle industriels (OT), structurée en niveaux de sécurité.
Qu’est-ce qu’ISA-95 ?
Un cadre d’intégration entre les systèmes d’entreprise (ERP) et les systèmes de contrôle industriel.
Peut-on déployer un RAG industriel on-premise ?
Oui. Une configuration on-premise ou edge est pertinente pour les sites sensibles et les opérateurs critiques.
Quel rôle jouent RTE et Enedis pour l’IA dans l’énergie ?
RTE exploite le réseau de transport, Enedis le réseau public de distribution. Tous deux publient des données et des API ouvertes utiles aux cas d’usage de prévision, de pilotage de la demande et de maintenance réseau.
Comment France 2030 soutient-il l’industrie ?
Via Bpifrance et les autres opérateurs, France 2030 finance des projets d’industrie du futur et de décarbonation industrielle, sans financement automatique de tout projet IA.
Quel est l’état du marché IA en 2024 ?
109,1 Md$ d’investissement privé en IA aux États-Unis et 33,9 Md$ pour l’IA générative dans le monde en 2024 (Stanford HAI) ; 65 % d’organisations utilisant la GenAI, contre 33 % en 2023 (McKinsey). Ces chiffres sont macroéconomiques.
Où rencontrer TW3 Partners à VivaTech 2026 ?
Au Hall 7.2, Allée C, Stand 74, du 17 au 20 juin 2026.
Sources
- Communiqué officiel VivaTech 2026, vivatech.com
- Règlement AI Act (UE 2024/1689), EUR-Lex (articles 6 et 99, annexes I et III)
- Commission européenne, page officielle AI Act et Digital Omnibus, digital-strategy.ec.europa.eu
- Conseil de l’Union européenne, accord politique provisoire du 7 mai 2026 (Digital Omnibus), consilium.europa.eu
- Directive NIS2 (UE 2022/2555), EUR-Lex
- ANSSI, qualification SecNumCloud et cloud de confiance, cyber.gouv.fr
- OPC Foundation (OPC UA), opcfoundation.org ; IEC (IEC 62443), iec.ch
- France 2030, economie.gouv.fr/france-2030 ; Bpifrance, bpifrance.fr
- RTE, rte-france.com ; Enedis, enedis.fr
- Stanford HAI, AI Index 2025, hai.stanford.edu
- McKinsey, The State of AI 2024, mckinsey.com
- GEO: Generative Engine Optimization, Aggarwal et al., ACM SIGKDD 2024, arXiv 2311.09735

