Par Elisha Bajemon, Ingénieur IA chez TW3 Partners. Dernière mise à jour : 30 octobre 2026.
En bref
Avant de choisir entre deux sources, vérifiez qu’elles parlent de la même chose, sur la même période et avec les mêmes unités. Comparez aussi ce qu’elles incluent, puis conservez chaque information avec sa source et cherchez la cause de l’écart. La prépublication de Gibert, Despujols et Rochet, déposée sur arXiv le 30 septembre 2026, décrit cette recherche des causes dans son processus d’origine. Nous recommandons de la formaliser dans un dossier d’arbitrage qui relie les observations à la décision. Un désaccord encore ouvert doit rester visible avant que le document serve à décider. Les modalités proposées ci-dessous sont des recommandations de conception du cabinet.
1. Les deux observations décrivent-elles le même fait ?
Avant de comparer les valeurs, vérifiez que leur définition, leur unité, leur période et leur périmètre concordent. Dans le tutoriel xBRL-JSON de XBRL International, daté du 11 août 2021, une valeur est associée à des dimensions qui en précisent le sens. Le concept indique ce qui est mesuré ; l’entité, à qui le fait se rapporte ; la période, quand il s’applique ; l’unité, comment la valeur numérique s’exprime. Des dimensions supplémentaires peuvent préciser le fait.
Pour appliquer cette distinction à un agent qui prépare un document, commencez par une fiche de comparaison. Reprenez les libellés et les notes des sources avant toute normalisation. Le tableau suivant propose les questions à renseigner pour chaque observation.
| Élément | Question à documenter |
|---|---|
| Concept | Quelle définition exacte la source donne-t-elle à l’indicateur ? |
| Unité | Dans quelle unité et avec quelle précision est-il exprimé ? |
| Période | S’agit-il d’une situation à une date ou d’une mesure sur une durée ? |
| Périmètre | Quelles entités ou activités sont incluses ? |
| Version | Quelle édition de la source porte cette observation ? |
Le rapprochement doit aboutir à une qualification explicite. Une différence de définition appelle une séparation des faits ou une transformation justifiée. Une divergence de valeur à définition, unité, période et périmètre identiques appelle une investigation. Si la définition manque, conservez la comparabilité comme un point ouvert.
Cette qualification détermine la suite du travail. L’agent doit pouvoir indiquer quelle dimension empêche le rapprochement et quelle information permettrait de le poursuivre. Évitez une moyenne des valeurs ou une fusion des libellés qui ferait disparaître la question initiale. Le dossier d’arbitrage commence ainsi par décrire précisément le désaccord à résoudre.
2. Comment conserver les deux versions ?
Conservez des observations séparées, chacune reliée à la version de source effectivement lue. La recommandation PROV-DM du W3C, du 30 avril 2013, fournit un vocabulaire pour décrire cette provenance : une entité représente notamment un objet numérique dont certains aspects sont fixés, tandis qu’une activité peut utiliser ou produire des entités. Une révision est une dérivation dont le résultat constitue une version révisée de l’original.
Dans la méthode proposée ici, une observation désigne une valeur telle qu’elle a été relevée dans une source identifiée. Attribuez-lui un identifiant stable. Associez la valeur brute au passage source, à son emplacement, à la version du document et à la date de collecte. Conservez séparément une éventuelle valeur normalisée, accompagnée de la transformation appliquée. Le lecteur du dossier doit pouvoir revenir à ce qui a été effectivement lu.
Une nouvelle collecte ajoute une observation et précise sa relation avec la précédente. Lorsqu’un éditeur corrige explicitement sa publication, enregistrez la révision avec le passage qui justifie ce lien. Lorsque les sources sont indépendantes, maintenez leur relation comme une comparaison entre observations. Une publication plus récente ne suffit pas, dans cette méthode, à établir qu’elle révise la précédente.
Le dossier gagne à distinguer l’observation, l’opération d’extraction et l’arbitrage. Il devient alors possible de corriger une extraction sans attribuer à l’éditeur une modification qu’il n’a jamais faite. PROV décrit ces relations de provenance ; l’examen du contenu reste nécessaire pour décider quelle valeur retenir.
3. Quelles causes rechercher avant de décider ?
Recherchez une explication appuyée sur une pièce vérifiable pour chaque écart qualifié. Dans l’annexe A de la prépublication de Gibert, Despujols et Rochet, déposée sur arXiv le 30 septembre 2026, le processus d’origine prévoit une collecte complémentaire ciblant les manques et les conflits repérés, puis leur résolution par leur cause. Ce passage décrit une organisation du travail ; il ne mesure pas l’effet isolé de l’arbitrage.
Pour conduire cette investigation, le cabinet propose les pistes suivantes :
- Changement de définition : retrouver la définition de chaque indicateur et repérer les éléments ajoutés ou retirés.
- Retraitement : chercher une mention explicite de correction ou de nouvelle présentation dans la source.
- Conversion : vérifier l’unité d’origine, la règle de conversion et les conditions de son application.
- Date différente : distinguer la date de publication, celle de collecte et la période réellement couverte.
- Erreur d’extraction : revenir au passage, à la cellule ou à la note dont la valeur a été tirée.
Le tutoriel de XBRL International du 11 août 2021 donne des points de contrôle techniques : la période d’un fait peut être un instant ou une durée, et la propriété decimals déclare la précision des valeurs numériques. Pour une comparaison automatisée, préservez ces informations jusqu’à la décision.
Chaque piste doit recevoir un état : à examiner, étayée ou écartée, avec son motif. La recherche complémentaire peut alors partir d’une question précise, telle que la définition manquante ou la justification d’une correction. Une hypothèse plausible reste une hypothèse tant que le passage nécessaire n’a pas été retrouvé. Consignez également les recherches infructueuses pour que la reprise du dossier conserve le travail déjà effectué.
4. Qui peut retenir une valeur de référence ?
La décision doit relever d’un responsable désigné pour le fait et pour son usage dans le document. Selon PROV-DM, recommandation du W3C du 30 avril 2013, l’attribution relie une entité à un agent, et l’association attribue à un agent une responsabilité dans une activité. Dans ce vocabulaire, le terme « agent » recouvre un responsable et peut notamment désigner un logiciel en cours d’exécution ; il ne signifie pas nécessairement un assistant d’IA.
Pour l’arbitrage métier, nous recommandons de nommer la fonction habilitée à accepter la valeur et celle chargée de préparer les éléments. L’agent logiciel rassemble les observations et expose le raisonnement. Le dispositif de validation applique ensuite les responsabilités convenues.
La décision devrait contenir la valeur retenue, son identifiant d’observation, le motif, la pièce justificative et le périmètre de validité. Ajoutez la date, le responsable et les usages autorisés. Un choix peut être valable pour une période ou un type de document précis : consignez cette limite au même endroit que la valeur.
Séparez aussi la règle de priorité approuvée à l’avance de la dérogation. Une règle peut prévoir l’usage d’une révision explicitement publiée par l’éditeur, sous réserve qu’elle couvre le même fait. Une dérogation doit préciser pourquoi la règle habituelle ne s’applique pas et qui l’a acceptée. Cette distinction évite qu’une décision ponctuelle devienne silencieusement la règle des dossiers suivants. Aucune priorité générale entre familles de sources n’est présumée : elle doit être définie pour l’usage considéré.
5. Que faire si le conflit reste ouvert ?
Un conflit ouvert doit conserver ses observations et limiter les usages du fait concerné. Le système décrit dans la prépublication de Gibert, Despujols et Rochet, déposée sur arXiv le 30 septembre 2026 représente les informations internes indisponibles comme des manques nommés. Dans l’annexe consacrée au processus d’origine, un contrat de données fixe ce que les étapes suivantes ne peuvent plus supposer. Le maintien explicite d’un conflit non résolu constitue ici un prolongement méthodologique de ces principes.
Un contrat de données désigne, dans la méthode proposée, les règles qui déterminent quelles informations la génération peut employer et sous quelles conditions. Inscrivez-y l’état du conflit, le champ concerné et les conséquences sur le calcul comme sur la rédaction. Le dossier doit indiquer si la sortie est suspendue, si une partie indépendante peut avancer ou si une réserve doit accompagner la présentation.
Avant d’autoriser une rédaction partielle, identifiez les affirmations dépendantes de la valeur contestée. Une réserve dans une annexe ne suffit pas à autoriser une conclusion qui suppose déjà le désaccord résolu. Placez la limite à l’endroit où le lecteur interprète le fait, et retirez les calculs qui exigent une valeur arbitrée.
Pour permettre la reprise, notez la pièce attendue, le responsable de la recherche et la condition de réexamen. Ce statut ouvert doit pouvoir être transmis avec le document de travail. Sa clôture exige une décision enregistrée ou une requalification motivée de l’écart, par exemple lorsque l’examen établit que les observations décrivent des périmètres distincts.
6. Comment propager une décision tardive ?
Une décision tardive doit déclencher l’examen des calculs, des phrases et des documents qui dépendent du fait révisé. L’annexe A de la prépublication de Gibert, Despujols et Rochet, déposée sur arXiv le 30 septembre 2026 prévoit de corriger un défaut à son étape d’origine, puis de régénérer les documents avant une nouvelle revue. Le lien de dérivation défini par PROV-DM, recommandation du W3C du 30 avril 2013, permet de représenter la construction d’une nouvelle entité à partir d’une entité préexistante.
Pour appliquer ce principe, rattachez la décision aux observations initiales et identifiez les sorties qui les utilisent. Enregistrez une nouvelle version de la valeur de référence, puis faites reprendre les transformations et les calculs concernés. Conservez les versions antérieures afin que le dossier permette de comprendre le document produit avant l’arbitrage.
La revue de la nouvelle sortie devrait porter sur les valeurs, les réserves et les conclusions dépendantes. Une décision peut lever une restriction de rédaction ; elle peut aussi imposer d’en ajouter une. Le contrôle doit donc suivre les conséquences du choix jusque dans la formulation destinée au décideur.
Le dossier d’arbitrage remis à la clôture réunit les observations originales, la comparaison de leurs dimensions, les causes examinées, la justification du choix et les sorties révisées. Chaque élément renvoie à son prédécesseur. Prévoir cette continuité dès l’ouverture du conflit donne au responsable métier une manière de relire la décision sans recommencer toute la recherche documentaire.
FAQ
Comment commencer un arbitrage de sources ?
Reprenez la définition, l’unité, la période et le périmètre de chaque observation, en suivant la distinction entre valeur et dimensions présentée dans le tutoriel de XBRL International du 11 août 2021. Dans la méthode proposée, le premier résultat attendu est une qualification du désaccord et de l’information nécessaire pour le résoudre.
La source la plus récente gagne-t-elle toujours ?
La règle proposée exige de vérifier ce que cette source décrit et si elle corrige explicitement la précédente. Une date récente ne règle pas une différence de définition ou de périmètre. Conservez la date de publication séparément de la période du fait et de la collecte.
Faut-il conserver la valeur écartée ?
Oui, dans ce dossier d’arbitrage, elle reste rattachée à sa source et au motif de son exclusion. Les relations de provenance et de révision décrites dans PROV-DM, recommandation du W3C du 30 avril 2013, servent à représenter cet historique. La valeur de référence doit demeurer identifiable parmi les observations conservées.
Le modèle peut-il choisir sans explication ?
Le processus d’origine présenté dans l’annexe A de la prépublication de Gibert, Despujols et Rochet, déposée sur arXiv le 30 septembre 2026, demande de résoudre les conflits par leur cause. Pour l’appliquer, exigez une justification vérifiable et un responsable de la décision. Une proposition du modèle reste à examiner tant que ces conditions convenues ne sont pas satisfaites.
Que faire d’un conflit non résolu ?
Gardez-le ouvert avec les observations disponibles et la pièce attendue. Appliquez les restrictions de calcul et de rédaction inscrites dans le contrat de données. Si une partie du document peut avancer, rendez la réserve visible là où elle affecte la décision du lecteur.
Pour aller plus loin
- Collecter les données d’un document en deux passes : couvrir les champs puis résoudre les manques
- Provenance des faits : relier une phrase à sa source avec le modèle W3C PROV
- Corriger à la source : régénérer les documents dépendants sans retouches isolées
Sources
- Gibert, Despujols et Rochet, Better Deck or Different Judge? Evaluating Agentic Harness Gains in Corporate and Investment Banking, prépublication déposée sur arXiv le 30 septembre 2026, consulté le 9 octobre 2026. Appuis dans la description du système et l’annexe A.
- W3C, PROV-DM: The PROV Data Model, recommandation du 30 avril 2013, consulté le 9 octobre 2026.
- XBRL International, xBRL-JSON tutorial and examples, 11 août 2021, consulté le 9 octobre 2026. La page porte la mention « review draft ».