Par Elisha Bajemon, Ingénieur IA chez TW3 Partners. Dernière mise à jour : 29 octobre 2026.
En bref
Pour fabriquer un document, un programme peut fixer les étapes à l’avance et confier la rédaction à une IA. La décision dépend des rubriques attendues et des informations disponibles. La documentation LangChain sur les workflows et les agents, sans date de publication indiquée, distingue les parcours prédéfinis des agents qui choisissent leurs actions. Elle décrit aussi une répartition de sous-tâches déterminées pendant la fabrication. Pour la direction des systèmes d’information, l’enjeu consiste à décider qui autorise le passage à l’étape suivante. L’arbre proposé ici aide à choisir un mode de fabrication et à situer les validations humaines.
1. Quand le parcours peut-il être prédéfini ?
Le parcours peut être prédéfini lorsque les étapes nécessaires et les conditions de passage sont connues avant la fabrication. Un workflow désigne ici un enchaînement dont le code fixe les chemins possibles. Dans sa documentation citée plus haut, LangChain décrit le chaînage de consignes : chaque appel au modèle traite la sortie du précédent, dans une tâche décomposable en étapes vérifiables.
Un parcours fixe peut comporter des embranchements. Dans une hypothèse de conception proposée par TW3, la présence des données requises autorise le calcul ; leur absence renvoie vers une demande de complément. Le programme connaît ces issues dès sa conception. Le modèle peut rédiger une synthèse à une étape donnée, tandis que le code reste responsable de l’accès à la suivante.
La prépublication de Gibert, Despujols et Rochet, déposée sur arXiv le 30 septembre 2026, fournit un ancrage documentaire. Le système décrit associe un registre de faits construit par un moteur de calcul à règles fixes, des plans de pages et un rôle conditionnel du modèle pour sélectionner, ordonner ou écrire. Certaines pages fondées sur des gabarits peuvent éviter l’appel de rédaction.
Pour transposer ce principe, partez du document attendu : quelles rubriques doivent exister, quelles données les alimentent et quel contrôle autorise leur assemblage ? Consignez chaque dépendance. Une rubrique de conclusion qui utilise un calcul doit attendre sa validation. Cette cartographie constitue notre recommandation de conception ; elle permet au métier de discuter le déroulement avant de choisir les outils.
2. Quand faut-il laisser le modèle choisir une action ?
Le choix d’action peut être confié au modèle lorsque la prochaine recherche dépend de ce que la précédente a révélé. Selon la documentation LangChain sur les agents, sans date indiquée, un agent utilise des outils dans une boucle de retour d’information. Ses outils disponibles et ses règles de comportement peuvent rester définis par le concepteur.
Dans la prépublication de Gibert, Despujols et Rochet citée plus haut, l’annexe consacrée au pipeline d’origine décrit une collecte initiale suivie d’une collecte ciblée sur les lacunes et conflits repérés. Elle aboutit à un bloc de données et à un contrat qui délimite ce que les étapes suivantes ne doivent plus deviner. Ce pipeline d’origine doit être distingué du système hybride décrit dans le corps de la prépublication.
À partir de ce besoin de collecte ciblée, TW3 propose une hypothèse : réserver l’autonomie à la recherche d’une information manquante. L’agent pourrait choisir une source parmi celles autorisées, examiner son contenu, puis décider si une recherche complémentaire est nécessaire. Le reste de la fabrication conserverait son parcours explicite.
Définissez alors le résultat attendu, les accès autorisés et les motifs d’arrêt : information trouvée avec sa provenance, sources disponibles épuisées ou arbitrage requis. À la sortie, exigez une réponse structurée qui distingue le renseignement obtenu de la lacune persistante. Le responsable métier peut ainsi décider si le document reste fabricable. Le mandat de recherche doit également préciser qui reprend la main lorsqu’aucune suite autorisée ne permet de conclure.
3. Que change un orchestrateur de sous-tâches ?
Un orchestrateur décompose le travail pendant l’exécution, attribue les sous-tâches et rassemble leurs résultats. Dans Workflows and agents de LangChain, sans date indiquée, le schéma « orchestrator-worker » correspond notamment aux sous-tâches qui ne peuvent être prédéfinies. La parallélisation peut, elle, exécuter simultanément des tâches indépendantes déjà connues.
La distinction porte donc sur la décomposition. Si toutes les rubriques attendues sont connues et indépendantes, leur exécution parallèle peut s’inscrire dans un workflow fixe. Si les pièces reçues déterminent les sections à produire, il faut décider du découpage au cours du traitement.
Dans cette seconde hypothèse de conception, TW3 recommande de faire produire un plan explicite avant de distribuer la rédaction. Chaque section reçoit un périmètre, les données utilisables, le format attendu et sa place dans le document. Ce contrat de sortie précise également la manière de signaler une information manquante. L’assemblage dispose alors d’éléments dont il peut vérifier la conformité au plan.
Une attention particulière concerne les dépendances entre sections. Si une synthèse reprend la conclusion d’une analyse, planifiez-la après réception de cette analyse. Si une même donnée alimente plusieurs rubriques, désignez son origine commune. Examinez ces attributions avec les équipes métier et technique pendant la revue de conception. Le nombre de tâches doit découler du document et de ses dépendances ; chaque séparation mérite une justification liée au travail à accomplir.
4. Comment comparer les responsabilités de chaque méthode ?
Comparez les méthodes en demandant qui choisit la prochaine étape et sur quelle information. Le tableau suivant est une grille de conception TW3, construite à partir des distinctions de LangChain. Ses situations sont des hypothèses de fabrication.
| Méthode | Décideur de la suite | Entrées obligatoires proposées | Outils accessibles proposés | Motif d’arrêt proposé | Hypothèse documentaire |
|---|---|---|---|---|---|
| Workflow fixe | Code et conditions écrites à l’avance | Données requises par chaque étape | Opérations attribuées à l’étape | Contrôle bloquant ou fin du parcours | Rubriques et calculs connus |
| Agent avec outils | Modèle, dans le mandat accordé | Question, contexte et périmètre autorisé | Recherche et lecture délimitées | Réponse documentée, ressources épuisées ou arbitrage | Collecte ciblée d’une information manquante |
| Orchestrateur de sous-tâches | Orchestrateur pour le découpage et l’affectation | Objectif du document et règles de section | Moyens prévus pour chaque tâche | Sections reçues et contrôlées, ou blocage déclaré | Sections déterminées à partir des pièces reçues |
Pour utiliser cette grille, choisissez un type de document et décrivez son chemin complet. À chaque passage, indiquez ce qui doit être disponible et qui constate que la condition est remplie. Lorsque plusieurs acteurs interviennent, attribuez aussi la décision de reprise après correction.
Cette revue peut conduire à combiner les méthodes. Une collecte autonome peut alimenter un parcours fixe ; un plan variable peut être suivi de contrôles systématiques. Conservez alors les frontières dans la description : ce que le sous-processus reçoit, ce qu’il rend et les actions qu’il est autorisé à déclencher. Consignez dans la grille les raisons du choix et les conditions qui conduiraient à le revoir.
5. Où placer les validations et la main humaine ?
Placez une validation lorsqu’une transition dépend d’une décision externe : fournir une donnée, accepter une proposition ou autoriser une action. La documentation Interrupts de LangChain, sans date de publication indiquée, décrit une pause qui sauvegarde l’état du traitement et attend une entrée externe. Sa mise en œuvre requiert un mécanisme de persistance et un identifiant permettant de retrouver l’exécution.
Dans la méthode proposée ici, une donnée attendue crée un état « en attente de complément ». Un contrôle qui rejette une sortie crée un état « à corriger ». Attribuez à chacun une suite explicite : réponse attendue, personne habilitée, étape à reprendre. Cette distinction évite de demander à l’opérateur une approbation lorsque le travail requis consiste à corriger une opération.
Préparez la demande de décision avec la version concernée, le motif de la pause, les éléments à examiner et les conséquences de chaque réponse. Identité et droits de l’approbateur doivent être prévus dans la conception de l’application. Une fois l’autorisation obtenue, conservez sa relation avec le document effectivement repris.
La reprise demande une précaution de conception : LangChain précise que le nœud interrompu, c’est-à-dire l’étape de traitement qui contient la pause, recommence depuis son début. Le code exécuté avant la pause dans ce nœud est donc rejoué. Placez les actions qui demandent une autorisation après son obtention. Pour les opérations déjà exécutées avant la pause, prévoyez une répétition sans effet supplémentaire. Par exemple, l’envoi du document doit avoir une place explicite dans le parcours et une protection contre les doublons. Il s’agit ici d’une recommandation de conception fondée sur la documentation LangChain.
6. Quel arbre de décision remettre à la DSI ?
Remettez un arbre qui part des dépendances du document et aboutit à une attribution des décisions. Voici la synthèse de conception proposée par TW3, à appliquer à la fabrication entière puis aux sous-processus qui demandent un traitement particulier.
Les étapes et leurs conditions de passage sont-elles connues ?
Oui : retenir un workflow fixe.
Des étapes indépendantes sont-elles déjà identifiées ?
Oui : leur exécution parallèle peut rester prédéfinie.
Non : les sections ou sous-tâches dépendent-elles des pièces reçues ?
Oui : retenir un orchestrateur de sous-tâches.
Non : faut-il choisir une action dont le programme ne prévoit pas le chemin ?
Oui : envisager un agent avec des outils délimités.
Non : préciser le besoin avant de choisir l’architecture.
Pour chaque chemin retenu :
Une donnée manque-t-elle ?
Prévoir la collecte autorisée ou la demande de complément.
Une action produit-elle un effet externe ?
Attribuer l’autorisation et prévoir le traitement des répétitions.
Qui autorise la remise du document ?
Nommer le responsable et les éléments soumis à sa décision.
Les réponses doivent être accompagnées de leurs motifs. Une condition prévue dans le code reste compatible avec un parcours fixe. Écrivez quelle variabilité justifie une décomposition pendant l’exécution ou un choix d’outil confié au modèle. Si cette variabilité concerne une partie du travail, délimitez-la dans l’architecture. Le choix reste ainsi révisable lorsqu’un besoin métier change.
Avant de lancer la fabrication, faites parcourir cet arbre par le métier et l’équipe technique avec le même document attendu. Une divergence sur la rubrique finale, les données nécessaires ou le signataire révèle une décision encore ouverte. La DSI dispose alors d’une description des responsabilités à faire approuver et d’un périmètre précis à mettre en œuvre.
FAQ
Un workflow peut-il appeler un LLM ?
Oui. Un LLM, ou grand modèle de langage, peut traiter une étape d’un parcours prédéfini. Le chaînage décrit par LangChain transmet une sortie à l’appel suivant. Les conditions de transition restent à définir dans le programme.
Un agent doit-il tout décider ?
Son mandat peut se limiter à une recherche. Dans la conception proposée ici, les calculs, les validations et la remise du document gardent chacun un responsable désigné. Les outils accessibles à l’agent doivent correspondre au périmètre qui lui est confié.
Quand choisir un orchestrateur de sous-tâches ?
Lorsque le travail doit être décomposé selon les entrées reçues. LangChain présente ce schéma pour des sous-tâches difficiles à prédéfinir. Pour une fabrication documentaire, précisez le résultat attendu de chaque section et les conditions de son assemblage.
Peut-on combiner les méthodes ?
Oui, c’est une option de conception. Un parcours fixe peut accueillir une recherche autonome ou une décomposition variable. Décrivez les entrées, les sorties et les conditions d’arrêt à chaque frontière, afin que la responsabilité de la suite reste attribuée.
La pause humaine change-t-elle la méthode ?
Elle ajoute une transition commandée par une entrée externe. Le mécanisme documenté par LangChain conserve l’état pour reprendre l’exécution. Précisez ce que l’opérateur décide et la version concernée ; repérez aussi le code qui sera rejoué dans le nœud interrompu.
Pour aller plus loin
- Harnais agentique : quelles responsabilités placer autour du modèle ?
- Produire plusieurs pièces en parallèle : synchroniser les branches du harnais
- Validation humaine : faire approuver une version précise du document
Sources
- Gibert, Despujols et Rochet, Better Deck or Different Judge? Evaluating Agentic Harness Gains in Corporate and Investment Banking, prépublication déposée sur arXiv le 30 septembre 2026, consulté le 9 octobre 2026.
- LangChain, Workflows and agents, sans date de publication indiquée, consulté le 9 octobre 2026.
- LangChain, Interrupts, sans date de publication indiquée, consulté le 9 octobre 2026.